Couture, Robes

(Robe) Une Galipette de cocktail

Coucou, coucou ! 

Je reviens par ici bien avant les 6 mois que j’avais évoqué dans mon précédent article. 

Il se trouve que j’ai pas mal de choses à vous montrer. Enfin, pas mal… On s’étend, hein : deux tricots et une autre cousette à part celle présentée aujourd’hui, ce qui est pour moi une grosse production.

J’espère pouvoir profiter de ces deux derniers mois de grossesse entièrement à la maison, sans missions, plus au calme que pendant nos vacances en juillet (oui, tout cela est un peu contradictoire), pour écrire sur le blog avant l’arrivée de notre petit deuxième. Une façon d’attendre en douceur, sans trop me fatiguer par ses fortes chaleurs (quoique depuis quelques jours, on respire enfin !).

Aujourd’hui je vais donc vous présenter l’une de mes dernières réalisations que j’ai cousue au mois de juin dans la perspective de deux événements formels pour lesquels il fallait absolument que je sois un minimum habillée : un événement professionnel et un mariage civil. 

Le tout avec une double contrainte : que ce soit grossesse compatible et potentiellement reportable après.

Sachant que c’est (probablement) ma dernière grossesse, j’ai un peu de mal à coudre et à utiliser mes beaux tissus pour des vêtements à durée de vie ultra limitée et difficilement reportable après. Mais bon, le bidon prenant de plus en plus de place, je suis quand même bien contente de pouvoir enfiler mon Châtaigne de grossesse en wax, donc d’avoir des vêtements sympas qui correspondent à mon état du moment sans avoir à foncer chez le grand méchant suédois… Coucou la contradiction !

Pour ce projet, tout est parti du tissu sur lequel j’ai eu un énorme coup de coeur : la double gaze Stardust Black brodée de pois dorés d’Atelier Brunette. Un tissu que l’on a vu absolument PARTOUT depuis le printemps. Un succès mérité car cette gamme est en effet très belle et les couleurs proposées sont à tomber.

En revanche, un gros bémol de mon côté : sa grande fragilité avec certains pois brodés qui se décousent déjà, au bout de seulement 2 lavages… J’y reviens en fin d’article (dans la partie « Matière ») avec une petite astuce pour contrer la détérioration annoncée de cette jolie étoffe au fur et à mesure des lavages et des portés.

Mon petit dessin dans mon bullet journal que je prends beaucoup plaisir à faire avant de rédiger l’article ! Ça m’aide à rassembler mes idées !

Modèle

Donc, tout est parti du tissu. Mais quel patron choisir pour mettre cette merveille en valeur et « dans mon état » ? Pour une fois, j’ai fait un truc que je fais assez peu : un benchmark, soit comparer plusieurs patrons entre eux pour choisir sur la base de critères objectifs le plus adaptée à la situation. Couture rationnelle et réfléchie ! J’ai comparé plusieurs patrons et même réalisé plusieurs toiles. 3 patrons ont retenu mon attention pour ce benchmark :

J’ai vite éliminé le premier patron (Paoline) : je n’étais vraiment pas sûre des manches kimono pour une occasion formelle. Et puis, en y regardant de plus près (surtout le tableau de taille), je n’étais pas non plus sûre que la coupe fit à ma morphologie du moment.

Le deuxième patron (Virevolte), c’est un gros coup de coeur des dernières sorties de ce printemps / été ! Je l’ai donc acheté et j’ai même fait une toile… Pour me rendre compte qu’avec mon opulente poitrine du moment, cela n’allait pas le faire du tout, les fronces tombant pile au milieu de la poitrine… Ou alors au prix de modifications importantes que je n’avais pas du tout le temps de réaliser.

Il me restait donc le dernier patron (Galipette) que j’avais en pochette depuis plusieurs mois et qui attendait patiemment son tour dans ma patronthèque. Une toile ultra concluante plus tard et hop, c’était parti pour une petite Galipette 🙂

Ce modèle revêt de multiples avantages :

  • uniquement 6 pièces à coudre dont les parmentures, soit ultra rapide à assembler, même pour une lente de la couture comme moi,
  • une coupe en A qui s’adapte à de multiples morphologies dont la grossesse et la non grossesse, et donc reportable après !
  • une belle ampleur de la robe pour le confort, masquer « un peu mais pas trop » le ventre et éviter les 12000 questions sur mon état du moment pendant l’événement pro (je pense honnêtement qu’il y a des personnes qui n’ont rien vu…),
  • une variation possible avec ce joli dos décolleté avec un noeud pour twister ce modèle ultra simple et convenir pour des occasions plus formelles (ou pas !).

Réalisation

1/ Taille choisie

J’avais réalisé ma toile en 42 et j’étais un chouïa serré à la poitrine (j’ai pris 11 cm de tour de poitrine avec cette grossesse, l’enfer !). En coupant mon tissu, j’ai donc décidé de couper un 42 en haut (aux épaules) et d’élargir à la poitrine au 44, soit avec 1 cm d’aisance en plus de chaque côté (donc 4 cm sur le tour entier). Ce qui était totalement inutile car mon tissu de toile était beaucoup plus raide que la double gaze et donc plus serré de fait. J’aurais pu donc tout couper en 42 et me sentir bien ! Pressée par le temps, j’ai eu la méga grosse flemme de tout reprendre, de découdre et de couper l’excédent de tissu…

2/ Modifications

*Pince poitrine

J’ai, comme sur TOUS les patrons que je couds, descendu la pince poitrine de 3 cm pour que cela pointe vers le téton (c’est vraiment comme cela que doivent se positionner les pinces – haha) et non plus haut ! Ce que c’est moche quand ça tombe plus haut… On dirait vraiment qu’il y a quelque chose qui cloche et que la poitrine tombe… Déjà que l’ultra fermeté et hauteur de mes seins est un vieux souvenir, ce serait franchement dommage d’en rajouter !

C’est vraiment une modification ultra simple que je vous conseille vivement. Il suffit pour cela, sur la toile, de marquer l’emplacement de vos tétons au feutre (avec une croix par exemple), de voir comment ils se positionnent par rapport à la pince du patron et de monter/descendre la pince en fonction.

*Ourlets

Autre mini-modif que j’ai réalisée sur cette cousette : j’ai rallongé de 5 cm la robe et adapté le devant à la grossesse (pour compenser le ventre qui fait remonter la robe sur le devant), en rallongeant encore plus (de 4 cm) au milieu devant. Je me suis arrangée pour faire une ligne harmonieuse à la craie (pas hyper simple sur ce tissu…) et couper directement sur cette nouvelle ligne. Après la grossesse, il sera plutôt facile de reprendre l’ourlet pour le réadapter à ma nouvelle morphologie.

Pour les ourlets de la robe et des manches, je n’ai pas fait comme indiqué : j’ai fait uniquement un repli à 1,5 cm en laissant le bord surjeté à cru. La double gaze est un tissu assez épais et faire deux replis est assez disgracieux à mon sens et surtout pas forcément facile à passer sous le pied de biche vu l’épaisseur. C’est peut-être moins joli à l’intérieur qu’un « vrai » ourlet mais l’essentiel, c’est que ce soit beau à l’extérieur, non ?

Oui, mon surjet est bleu marine et mes coutures pas hyper droites… 

*Liens dans le dos

La double gaze est vraiment trop épaisse pour la réalisation des liens tels qu’ils sont proposés par le patron. Juste impossible à mon avis ! Pour plus de légèreté et de facilité, j’ai remplacé les liens par un ruban de satin noir que j’avais en stock. Ouf !

*Couture morte à l’encolure

Pour finir proprement l’encolure et éviter que les parmentures ne se barrent quand t’enfiles ta robe (le truc qui m’exaspèèèèèèèèère tellement), j’ai réalisé une piqûre morte sur toute mon encolure pour bien plaquer mes parmentures à l’intérieur et surtout qu’il n’y ait pas de piqûre visible sur l’endroit du tissu. Bon, cela n’est pas parfait et les parmentures se barrent encore mais c’est quand même mieux que rien.

Un tuto super sur Youtube pour toutes celles et ceux qui voudraient tenter cette jolie finition qui n’est absolument jamais proposée par les patrons du commerce, pourtant si simple et au fini tellement pro.

3/ Instructions

Désormais équipée d’une surjeteuse que j’arrive enfin à enfiler / régler, j’ai choisi de suivre à la lettre les instructions données avec le patron. Celles-ci sont bien détaillées et faciles à suivre, à part quelques oublis (et le surjet final de la manche ? et la couture du bout des liens où on reste un peu sur sa faim… et la finition de l’encolure sans surpiqûre que je trouve un peu légère… – je sais, je PINAILLE !!). Mais rien d’handicapant pour la réalisation du modèle. J’ai beaucoup apprécié notamment qu’il soit indiqué ce qu’on devait surjeter ou coudre. Très pratique pour moi qui suis débutante avec la surjeteuse.

4/ Et coudre de la double gaze alors ?

Et bien, plutôt facile et agréable à coudre. Rien à signaler. Juste, j’aime bien coudre ce type de tissu un peu mou avec un point un peu plus large que d’habitude, genre 3/3,5 mm (d’habitude, je couds avec un point 2/2,5 mm). Je trouve cela plus élégant que de petits points qui tirent trop le tissu. On est bien d’accord, ce n’est que du DETAIL !

Matière

Ah ce tissu ! J’ai longtemps hésité avant de craquer, retenue par son prix assez élevé. Mais à force de le voir et de le revoir, j’ai fini par céder aux sirènes de la tendance.

Il s’agit de double gaze, soit une étoffe de coton au tissage plutôt lâche et surtout qui comporte deux épaisseurs (comme on peut le voir sur la photo suivante – bon ok, c’est du noir alors ce n’est pas très visible mais on voit bien qu’il y a deux tissus posés l’un sur l’autre…), ce qui l’a rend assez épaisse et donc assez chaude. Après essai, je trouve que la double gaze n’est pas une étoffe adaptée pour les très très grosses chaleurs, comme celles que nous avons connues ces dernières semaines. Elle me semble bien jusqu’à 25*. Plus chaud, je trouve qu’on étouffe littéralement et ça devient vite insupportable… C’est le tissu parfait pour la mi-saison.

Attention, il ne faut pas confondre la double gaze avec la simple gaze ou lange qui est un tissu beaucoup plus fin et donc plus adapté en cas de canicule. Il s’agit en fait simplement de l’une des épaisseurs de double gaze 😉 Mais comme tout le monde dit « double gaze » pour désigner ce type de coton froissé, on confond souvent, moi la première !

Pour cette cousette « formelle », je voulais du noir car je trouve cela un peu passe partout, affinant et pouvant convenir au jour comme aux soirées.

Ces pois dorés, brodés à intervalles irréguliers, viennent apporter un côté chic au tissu et contrebalancer le côté casual du coton froissé. Le tissu parfait pour les « occasions ».

Et alors, ce tissu ? Facile à travailler, à vivre ? Et sa durabilité ? Oui, il est facile à travailler même si c’est compliqué de ne pas tomber sur un pois au moment de la coupe du tissu et du coup, de l’abîmer. Le coton se coud bien et facilement. Il ne bouge pas au moment de la coupe et ne se froisse pas particulièrement au porté. Pensez quand même à bien le repasser avant de le couper car son côté légèrement froissé pourrait fausser vos pièces.

En revanche, le gros bémol sur ce tissu de mon côté, c’est sa fragilité, surtout des pois. Le tissu en lui-même est solide et je n’ai pas encore assez de recul « lavage » pour voir s’il bouloche à la longue. Mais les pois brodés, eux, sont vraiment fragiles et s’effilochent facilement, et ce dès les premiers lavages !

J’ai lavé mon tissu deux fois : une première fois à la main pour le décatir et le coudre, une deuxième fois après l’événement du mois de juin en programme délicat à 30* à la machine (vêtement non retourné et pas dans une housse – et j’aurais sûrement du !). Et déjà une dizaine de pois dorés menacent de se découdre. Un ou deux sont même carrément décousus. Je trouve franchement que ça craint quand tu vois des petits bouts de fil qui dépassent sur ta robe quasi toute neuve pour un événement pro… Et je suis un peu déçue par la qualité. Certain.e.s trouveront sûrement que j’ai la critique facile (la « critique », ce sujet toujours si polémique sur les réseaux sociaux et les blogs…). Certes. Mais on ne parle pas d’un tissu à 10€ le mètre, hein… Et puis moi perso, j’aime bien me faire plaisir de temps à autre avec des tissus plus chers, pensant justement trouver très grande qualité et durabilité !

Pour enrayer cette décousure annoncée des pois dorés, je vous soumets une petite astuce que j’utilise sur mes sacs à projets. Je bloque toujours la fin de mes broderies machine (et des boutonnières aussi) par un point de vernis à ongle transparent ou top coat. Il y a une petite odeur, c’est vrai. Mais je préfère cela à un truc qui se découd hyper vite.


Recap

Patron : la blouse / robe Galipette d’Eglantine et Zoé, disponible uniquement en format pochette à 14€

Version choisie : robe avec décolleté dans le dos et noeud

Taille cousue : 42 pour le haut élargi au 44 à partir des emmanchures

Tissu : double gaze Stardust Black d’Atelier Brunette

Bilan : une belle cousette grossesse compatible et reportable qui a parfaitement rempli son office de vêtement formel pour un événement pro et un mariage civil au mois de juin et que je reporterais avec grand plaisir à la mi-saison, quand les températures seront plus douces. Un modèle si facile et rapide à coudre que je le referais très certainement quand j’aurais repris ma morpho « normale » .


Voilà, vous savez tout sur ma Galipette de cocktail ! Je me rends compte que j’ai été particulièrement détaillée sur cette cousette pourtant si simple à coudre. Mais que voulez-vous ? J’adore écrire ce type d’articles ultra détaillés ! C’est mon petit plaisir de bloggueuse couture 😉

On se retrouve cette semaine j’espère pour une nouvelle réalisation tricot.

A très vite, donc !

Je vous embrasse.

Emilie

 

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6 Commentaires

  • Répondre lathelize 28 août 2018 à 17 h 10 min

    Je crois que je me suis un peu ( beaucoup) laissée bouffer par mon boulot : j’avais même raté ta 2eme grossesse et avais toujours l’impression que ton petit lapin était un nouveau-né. Alors, en vrac, félicitations! qu’est ce que le temps passe vite! je suis bien contente qu’instagram m’ait mis une de tes photos sous le nez! je t’embrasse

  • Répondre Charlotte 26 août 2018 à 17 h 54 min

    Bonjour Emilie,
    Encore un super article, merci beaucoup ! C’est toujours très intéressant de lire tes avis détaillés et argumentés sur les patrons et les tissus.
    Et je rejoins les autres, cette robe est ravissante sur toi…

  • Répondre Sophie 13 août 2018 à 20 h 16 min

    Analyse très intéressante. J’apprécie aussi le retour sur expérience, et tu n’es pas la seule il me semble à te plaindre de la tenue dans le temps de cette double gaze. Cette robe te va très bien.

    • Répondre LouiseD 13 août 2018 à 20 h 18 min

      Merci beaucoup ! Oui, je pense en effet que je ne dois pas être la seule à rencontrer ce problème… mais je n’ai pas vu tellement de retour « tissu » sur cette double gaze ! Cela dit, je ne sais pas si cela m’aurait empêcher de l’acheter quand même

  • Répondre Emana 13 août 2018 à 17 h 36 min

    Merci pour cet article très détaillé. Personnellement j’adore les retours complets sur les modèles, les tissus et aussi sur la démarche. C’est toujours intéressant de lire ce qui a motivé tel ou tel choix.
    La robe est très belle et te met bien en valeur.

    • Répondre LouiseD 13 août 2018 à 20 h 20 min

      Merci pour ton commentaire ! En fait j’écris ce que j’aime lire aussi. Et vraiment je prends beaucoup de plaisir à les écrire. Bon comme ça prend du temps, c’est sûr forcément moins régulier comme type d’article !

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