hommage

Au revoir Mamie Marguerite

Elle m’a transmis le goût des aiguilles sous toutes ses formes.

Sans elle et sa « transmission », je n’aurais probablement jamais ouvert ce blog consacré à mon amour pour la couture et le tricot.

Elle est partie rejoindre les étoiles dimanche 27 octobre 2019.

Voici quelques mots pour lui rendre hommage.

Tu avais la tête dure comme du granit rose. Tu étais la personne la plus têtue que je n’ai jamais rencontrée.

Tu roulais les « R » comme personne et tu disais “À tantôt” quand tu saluais quelqu’un dans la rue.

Tu t’appelais Marguerite, comme la vache du film avec Fernandel comme tu aimais le dire.

Tes doigts étaient d’or et tu aurais pu être première dame d’un atelier de haute couture si la vie t’en avait donner la possibilité.

Tu as connu l’infinie douleur d’enterrer deux enfants de ton vivant.

Tu as connu la guerre enfant. Elle t’a volé un frère et ton insouciance.

Tu a traversé l’océan avec tes enfants sous le bras à l’époque où on voyageait encore sur un transatlantique toutes ses affaires dans des cantines en métal.

Tu as mis au monde une enfant en Afrique en 1952, au Niger, à Niamey.

Courageuse, dévouée, volontaire, joviale, généreuse, grincheuse, rieuse, tu avais un caractère bien trempé.

Tu m’as transmis le goût du fil sous toutes ses formes : à coudre, à tricoter, à broder. Tu étais tellement douée. Rien ne te résistait.

Des souvenirs avec toi, il y en a à la pelle.

En voici quelques uns.

Je me souviens des galettes saucisses, des tours par les petites routes de Lehon à l’arrière de la 4L crème à câliner la Barbie que tu venais de m’offrir, des petits bonbons à la violette que tu me donnais en douce en ouvrant l’armoire de l’entrée de ta maison et qui collaient aux dents, des flambées que tu nous préparais dans la cheminée quand on regardait pour la 1000e fois les Tintin ou Interville à la télé, de tout ce que tu as pu tricoter ou coudre pour chacun tes enfants, petits enfants et arrière petits-enfants, du bol de lait ribot sucré dans lequel tu émiettais une galette de blé noir, de ton rire franc qui faisait trembler les murs quand on regardait un film avec de Funès, de ta visite à Bordeaux où tu m’avais expliqué comment régler la tension de ma machine à coudre (une vraie révélation), de tes larmes qui roulaient sur tes joues quand tu parlais d’Irène ces dernières années, des bains moussants dans la baignoire parme de la salle de bain de l’étage, de ta dévotion sans failles pour t’occuper de tes parents puis de ton mari, des Belle de Fontenay cultivées avec amour dans le jardin et rissolées dans une motte de beurre, des mots croisés du Ouest France remplis en un rien de temps chaque matin après tes tartines beurre salé / confiture et de ton bol de Ricorée, du Petit Robert à la tranche déchirée d’avoir été si souvent consulté, des Pitch au chocolat et des Kinder country que tu nous achetais pour le goûter, de notre escapade à Londres ou à Paimpol avec un Papi déjà un peu désorienté, de ta rencontre avec Hervé, puis Erwann, puis Arthur en août dernier…

Mamie, Mamie de Bretagne, Mamie Marguerite, tu vas beaucoup me manquer. Ton souvenir sera toujours présent dans mon cœur. Au revoir.

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3 Commentaires

  • Répondre Noé 30 octobre 2019 à 8 h 31 min

    Ton texte est magnifique, ta mamie aussi. Mes plus douces pensées pour ta famille et toi.

  • Répondre Marie 30 octobre 2019 à 7 h 56 min

    C est un si joli hommage qu il me met les larmes aux yeux et me fait penser à la mienne partie depuis longtemps et à ma maman encore là mais plus tout à fait.

  • Répondre Madebycelinette 30 octobre 2019 à 7 h 14 min

    Un très bel article pour ta mamie qu’on devine à travers tes souvenirs. Toutes les condoléances a toi et ta famille. Pour nous autres tricoteuses et couturières nos « professeurs » familiaux nous accompagnent dans chaque maille et chaque point…

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